Le Médiateur

Pourquoi enfin le Premier ministre Lafontant a démissionné au lieu d’affronter les Députés ?

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Il n’a pas eu lieu, le débat tant attendu à la Chambre basse entre le Premier ministre Jack Guy Lafontant et les Députés lors de la séance d’interppelation du samedi 13 juillet 2018, qui a été mise en continuation.

Non parce qu’il n’y a pas eu de quorum. Ils ( les députés) ont été 61/117 à avoir répondu à l’appel nominal. Alors qu’il n’en faut que 60.

Non parce que Dr Jack Guy Lafontant et les autres ministres de son gouvernement n’ ont pas été présents. Ils ont foulé le sol de la Chambre des députés bien avant l’ouverture de la séance.

Non parce que le quorum a été infirmé. Même le représentant de la Circonscription de Kensckoff, Alfredo Antoine qui parait plus agité et hostile aux députés de l’opposition n’a pas pour autant laissé l’hémicycle. À cela s’ajoute d’autres Députés sont venus prendre leurs sièges au fur et à mesure durant la courte séance.

Le décor est bel et bien planté. Le débat allait démarré quand le député Jean Marcel Lumérant porte-parole des députés interpellateurs a gravit la tribune et présenté les motions de censure dans lequel les accusations et frustrations pullulent

Les feux des projecteurs ont retransmis un PM sûr de lui, qui n’en a cure des flèches lancées contre lui à torts et à travers. Et près à défendre avec son calme habituel l’ action de son gouvernement face à ces députés qui n’ont jamais raté une occasion pour critiquer sa gestion et exiger du coup sa démission.

Les scènes de violences des 6 et 7 juillet qu’ avait connues la Capitale suite à la décision inopportune du gouvernement d’ajuster le prix de l’essence à la pompe, ont servi les députés interppelateurs sur un plateau d’argent pour clouer au pilori le Premier ministre. Le secteur des affaires, regroupé à travers Forum économique du secteur privé, « grand victime » de ces émeutes pour la plupart, impute la responsabilité de ces actes de vendalisme, de casse, et d’incendies à l’inaction du PM et demande sa tête. D’autres secteurs de la société civile abondent dans le même sens. Inutile de citer la classe de l’opposition politique dont ce mouvement baptisé « Opposition démocratique et populaire » qui ne jure que par la tête du Président Jovenel Moïse et de son gouvernement depuis leur intronisation au timon des affaires de la République à date.

LE HUIS CLOS QUI CHANGE LA DONNE Député Jean Wilson Hyppolite, leader du bloc majoritaire Alliance des Parlementaires haïtiens(APH), a demandé au Président de la Chambre des députés, une suspension d’audience de dix minutes. Ce que l’honorable Gary Bodeau ne se fait pas prier pour la lui octroyer en disant qu’ « une suspension d’audience de dix minutes ne va pas tuer la République ».

Après reprise de la séance, on s’attendait à un débat houleux, où le PM JGL, bien escorté de sa majorité au Parlement, qui supporte l’action de son gouvernement, aurait réagi aux allégations et appréhensions des députés de l’opposition avec assurance pour enfin laisser la salle avec un vote de confiance. Eh bien non ! Rendez-vous manqué ! A la surprise générale, le Premier ministre dans sa courte mais profonde déclaration a lâché cette phrase : « Avant de venir ici, j’ai déjà remis ma démission au Président de la République. Et le Président l’a acceptée ». Une révélation qui soulève un salve d’applaudissements parmis les députés dont ceux qui soutenaient sa politique gouvernementale.

Aussi des interrogarations les plus pertinentes s’egrenent-elles : Pourquoi PM Lafontant dans son discours réalise que des « hommes » de Pétion-Ville et de Kensckoff ne doivent pas diriger le pays ? Pourquoi a-t-il aussi parlé de la réduction totale du prix d’un million dollars par km route et la révision du financement de l’énergie électrique fournie par les compagnie du secteur privée des affaires ? Est-il entrain de payer le prix de sa lutte contre la corruption ? Les membres du Forum économique ont-ils sauté sur cette circonstance malheureuse pour regler leurs comptes inavoués avec le Premier ministre Lafontant ? Leur note a-t-elle été une injonction irréversible faite aux pouvoirs executif et legislatif ?… ?

À la suite de ces questions, plusieurs observateurs concluent que les vrais tombeurs du Premier ministre Jack Guy Lafontant n’ont pas été au Parlement, N’empeche que le medecin se sert de cette tribune et cette grande audience que lui a offertes le Parlement, pour s’adresser à eux.

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