La Direction générale des douanes n’en finit pas de susciter des interrogations. Alors que l’institution fait déjà face à de nombreuses critiques et à des accusations relayées dans l’espace public, un document attribué à son Directeur général, Gérald Remplais, vient ajouter un nouvel élément à une affaire déjà sensible.
Une correspondance attribuée au Directeur général de l’Administration générale des Douanes (AGD), Gérald Remplais, et datée du 17 juin 2026, soulève de nombreuses interrogations sur le déroulement de l’affaire des douanes de Saint-Marc actuellement instruite par le magistrat Jones Surpris.
Selon ce document, M. Remplais aurait demandé au juge instructeur de retirer les mandats de comparution émis contre Lucien Loubert et Marjorie Jacquet, respectivement responsable et responsable adjointe du bureau des douanes de Saint-Marc. Dans cette correspondance, le directeur général soutiendrait que les deux fonctionnaires n’auraient fait qu’exécuter les directives de la Direction générale de l’AGD et que la responsabilité de certaines démarches administratives incombait à l’institution elle-même.
Cette intervention présumée survient alors que l’enquête judiciaire n’aurait pas encore livré ses conclusions. D’où une série de questions légitimes : pourquoi intervenir à ce stade de la procédure ? Pourquoi solliciter le retrait de mandats avant que le juge n’ait terminé son travail d’instruction ? Quels éléments nouveaux justifieraient une telle démarche ?
Plus troublant encore, le document semblerait reconnaître que certaines décisions contestées relevaient directement de la hiérarchie de l’AGD. Dès lors, l’opinion publique est en droit de se demander si cette initiative viserait uniquement à défendre deux fonctionnaires ou si elle traduirait une volonté plus large de circonscrire les responsabilités dans ce dossier.
Ces interrogations prennent une résonance particulière dans un contexte où le nom de Gérald Remplais a déjà été cité dans diverses controverses ayant alimenté le débat public autour de la gouvernance de l’AGD. Sans préjuger des conclusions de la justice, la démarche rapportée mérite d’être expliquée.
Pour la crédibilité de l’État et le respect de l’indépendance de la justice, le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé gagnerait à faire toute la lumière sur cette correspondance et sur les motivations qui auraient conduit le directeur général de l’AGD à intervenir auprès du juge instructeur avant la clôture de l’enquête.
Rodolphe Max Adrien
