À l’occasion de la fête du Travail, ce 1er mai 2026, la Plateforme Fron pou Rebati Ayiti (PFRA) a dressé un constat alarmant de la situation des travailleurs haïtiens, mettant en cause l’absence de vision des politiques publiques en matière d’emploi au fil des décennies.
Dans un communiqué, le Coordonnateur général de la structure, Fitz-Evens Polony, affirme que « l’État haïtien, par ses défaillances répétées, a transformé le droit au travail en un mirage pour des milliers de compatriotes ». Il déplore que « les gouvernements qui se succèdent ont fait preuve d’un manque criant d’initiatives structurantes pour générer des emplois décents », laissant ainsi de nombreux jeunes diplômés, ouvriers et paysans sans perspectives.
La PFRA revient également sur les politiques économiques du passé, notamment les programmes d’ajustement structurel des années 1980 à 2000, accusés d’avoir affaibli l’appareil productif national. « La fermeture des usines de textile, d’agro-transformation et de montage n’est pas un accident de l’histoire », soutient Fitz-Evens Polony, évoquant « des décisions politiques ayant abandonné la production locale à la concurrence déloyale ».
Le communiqué met aussi en lumière la dégradation des infrastructures routières depuis juillet 2021. « Des tronçons entiers de la RN1, RN2, RN3 et RN8 s’effondrent sous les pluies », alerte la PFRA, soulignant les conséquences sur le transport des marchandises, la mobilité des citoyens et le coût des activités économiques.
Face à cette situation, l’organisation appelle à un sursaut des autorités. Elle plaide pour « une véritable stratégie de relance industrielle et agricole créatrice d’emplois » ainsi que pour la mise en œuvre de grands travaux publics.
« Le peuple haïtien ne demande ni charité ni injonctions étrangères. Il exige des politiques publiques souveraines », insiste Fitz-Evens Polony, estimant que sans changement de cap, la fête du Travail restera « une commémoration sans espoir ».
Mario Jean-Pierre
