Le Conseil électoral provisoire (CEP) semble amorcer un changement de stratégie dans le dossier d’Uder Antoine. Après avoir adopté une posture de fermeté allant jusqu’à la révocation de son directeur exécutif et à son exclusion des locaux de l’institution, le Conseil sollicite désormais une rencontre avec le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé afin d’éviter une crise institutionnelle.
Dans une correspondance adressée, le jeudi 4 juin 2026, au Chef du Gouvernement, le président du CEP, Jacques Desrosiers, appelle à l’ouverture d’un dialogue autour de l’installation annoncée d’Uder Antoine au poste de Directeur général. L’institution électorale affirme vouloir préserver son indépendance administrative tout en privilégiant une issue concertée à ce différend.
Cette démarche marque un tournant dans un dossier qui, ces dernieres heures, a mis en lumière de profondes tensions entre le CEP et l’Exécutif. Les conseillers électoraux avaient justifié la révocation de M. Antoine en soutenant que sa nomination comme Directeur général répondait à une volonté de renforcer l’influence du pouvoir exécutif sur l’appareil électoral.
Toutefois, l’annonce de son installation officielle, prévue ce vendredi 5 juin, semble avoir rebattu les cartes. Face à une situation où la précipitation semble avoir été primée par les Conseillers électorale, l’institution choisit désormais la voie de la concertation plutôt que celle de l’affrontement.
Pour plusieurs observateurs, cette évolution soulève des interrogations sur la gestion du dossier. Le dialogue aujourd’hui réclamé n’aurait-il pas pu être engagé avant la décision de révoquer précipitamment le directeur exécutif ? La question demeure posée alors que le CEP tente de désamorcer une crise qui menace d’alimenter davantage les tensions au sein de la transition.
Au-delà du cas d’Uder Antoine, cette séquence révèle les fragilités persistantes dans les relations entre les institutions chargées de conduire le processus électoral. La rencontre sollicitée avec le Premier ministre pourrait désormais constituer une étape déterminante pour éviter que ce différend administratif ne se transforme en véritable conflit institutionnel à quelques mois d’échéances jugées cruciales pour l’avenir politique du pays.
Mario Jean-Pierre

