L’ancien Premier ministre Laurent Salvador Lamothe (2012-2014) salue le renforcement des Forces armées d’Haïti (FAd’H) et appelle à franchir une nouvelle étape dans la réponse sécuritaire. Dans une publication faite le samedi 22 août sur son compte X, l’ancien Chef de la Primature propose la création d’une unité spéciale de 1 000 soldats d’élite, destinée notamment à combattre les groupes armés aux côtés de la Force de répression des gangs (FRG).
« L’expansion des Forces armées d’Haïti est une nouvelle porteuse d’espoir », écrit l’ancien Premier ministre haïtien, estimant qu’il faut désormais créer « une unité spéciale de 1 000 soldats d’élite ». Il suggère que ces militaires soient formés par les forces tchadiennes ou par des spécialistes étrangers, citant notamment Erik Prince.
Selon l’ancien Chef du Gouvernement, cette unité aurait pour première mission de « traquer les chefs de gangs, démanteler leurs réseaux et libérer Port-au-Prince, quartier par quartier ». À plus long terme, elle devrait prévenir toute reconstitution des groupes armés.
Laurent Lamothe propose également de s’inspirer du « Bloc de recherche » colombien, unité créée pour traquer les grands narcotrafiquants, dont Pablo Escobar. Il estime que son financement pourrait provenir du Fonds national de sécurité.
Cette prise de position intervient alors que les autorités haïtiennes accélèrent la modernisation des FAd’H. En août, le ministère de la Défense et le haut commandement ont notamment travaillé sur la création d’une unité de forces spéciales à la base Vertières. Le Gouvernement a par ailleurs lancé un forum consacré à l’avenir de l’armée et engagé de nouvelles initiatives de formation.
À rappeler que sous son administration, les autorités avaient fait de la lutte contre le kidnapping et la criminalité une de leurs principales priorités. En 2013, les données onusiennes faisaient état d’une baisse de 53 % des enlèvements par rapport à 2012 et d’une diminution de 21 % des homicides. En 2014, Lamothe évoquait encore une baisse de 88 % des enlèvements durant les six premiers mois de l’année.
Cette amélioration du climat sécuritaire avait également accompagné la reprise du tourisme : 419 736 touristes de séjour avaient été recensés en 2013, soit une progression de 20,2 % sur un an, tandis que les investissements hôteliers annoncés atteignaient 258,7 millions de dollars. Le Département d’État américain relevait aussi que l’investissement privé en Haïti avait atteint en 2013 son niveau le plus élevé depuis dix ans.
« Investissons massivement dans notre armée. Rétablissons l’autorité de l’État. Libérons notre capitale », conclut Laurent Lamothe. « Haïti ne doit plus jamais vivre sous la loi des gangs. »
Mario Jean-Pierre
