Il n’y a pas seulement de mauvaises personnes au sein du gouvernement de facto d’Alix Didier Fils-Aimé. En quelques mois à peine, le ministre de l’Éducation nationale, l’ancien recteur Vijonet Demero, a concrétisé une avancée majeure pour la jeunesse en créant plusieurs lycées et écoles nationales dans différents départements de la République. La Gonâve en est l’une des grandes bénéficiaires. Les habitants de cette île apprécient énormément cette contribution à l’augmentation de l’offre scolaire dans leur région. Bientôt, une université publique y sera opérationnelle. C’est une révolution !
Offrir une éducation de qualité à tous les jeunes Haïtiens — au préscolaire, à l’école fondamentale, au secondaire, dans les centres de formation professionnelle et dans les établissements d’enseignement supérieur — semble être la priorité du titulaire du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle.
Il est encourageant de voir ce ministre se pencher sur la formation professionnelle et la construction d’écoles dans les zones rurales. Haïti a besoin d’élites décentralisées pour assurer le développement de ses régions : des élites bien formées, capables de prendre en charge l’avenir de leurs communautés. Haïti est un pays à construire, tant sur le plan matériel que structurel. La formation professionnelle est l’un des moyens les plus efficaces pour répondre aux demandes d’emploi de nos jeunes et contribuer à leur insertion dans le circuit économique national.
Les entreprises du secteur privé, confrontées au manque de ressources humaines qualifiées nécessaires à leur croissance, doivent se joindre à cet effort de massification de l’éducation poursuivi par le ministre Vijonet Demero. Toutefois, cet élargissement de l’accès à l’éducation ne doit pas se faire au détriment de la qualité. Si l’augmentation de l’offre scolaire permet un meilleur accès à l’éducation, elle pose aussi un défi majeur : maintenir, voire améliorer, la qualité des apprentissages. La multiplication des écoles est importante, et nous l’encourageons, mais elle doit s’accompagner d’une véritable maîtrise des savoirs et des compétences.
Au cours de ces trois dernières décennies, l’État haïtien a consenti des efforts considérables en matière d’éducation. À La Gonâve, nous en ressentons l’impact positif, aujourd’hui renforcé par les actions bien réfléchies du ministre Demero. Nous saluons également la contribution des organisations confessionnelles et humanitaires, notamment World Vision International, sous le leadership de Jhon Wesley Charles, qui a construit de nombreuses écoles à La Gonâve, ainsi que Compassion International, dont le travail dans ce domaine est remarquable. Les églises protestantes et catholiques ont, elles aussi, énormément contribué à la massification de l’éducation sur l’île. À l’échelle nationale, selon les statistiques disponibles, l’arrondissement de La Gonâve compterait un nombre particulièrement élevé de citoyens et citoyennes sachant lire et écrire, dépassant même les communes de Delmas et de Pétion-Ville.
Nous sollicitons également une attention spéciale en faveur de l’École des infirmières de la mission wesleyenne à La Gonâve. C’est l’une des meilleures de la République. Ses résultats aux examens officiels de l’État sont impressionnants. L’État pourrait contribuer à la prise en charge des coûts pédagogiques afin de permettre à cette institution d’élargir son offre au plus grand nombre.
Félicitations au ministre Vijonet Demero et au gouvernement de facto d’Alix Didier Fils-Aimé. Quand le travail est bien fait, il faut le souligner. Car je pense que l’avenir d’Haïti ne se construira ni par les discours seuls ni par les bonnes intentions, mais par des actions concrètes, durables et équitables. Les initiatives engagées à La Gonâve méritent d’être saluées, tout en rappelant que le véritable défi reste celui de la qualité, du suivi et de la continuité. C’est à ce prix que l’éducation deviendra réellement un levier de transformation pour nos jeunes, nos communautés et notre pays.
Sonet Saint-Louis,
avocat philosophe
Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie avancée de la recherche juridique à la Faculté de droit et des Sciences économiques de l’université d’État d’Haiti
Professeur de philosophie
Sous les bambous
La Gonave 22 juin 2026
sonet.saintlouis@gmail.com
Tel 2635580083/44073580

