Après une séquence marquée par la frustration, la précipitation et des soupçons persistants, les Conseillers électoraux semblent recentrer la balle vers la concertation en vue de l’organisation des prochaines élections annoncées pour la fin de l’année 2026.
En effet, comme l’avait indiqué le Gouvernement, Uder Antoine, récemment révoqué par les Conseillers électoraux de ses fonctions de directeur exécutif, a été installé moins de 24 heures plus tard comme Directeur général du Conseil électoral provisoire (CEP), en présence notamment de son président, Jacques Desrosiers.

La cérémonie d’installation, tenue le vendredi 5 juin 2026 au siège du CEP à Pétion-Ville, s’est déroulée sous la présidence du ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Patrick Pélissier. Cet acte est intervenu dans un contexte de désaccord entre l’Exécutif et le Conseil électoral, suite à la décision prise en Conseil des ministres de nommer M. Antoine à la Direction générale.
Cette installation consacre, de fait, la position de l’Exécutif conduit par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui n’a pas encore donné de suite formelle à l’appel au dialogue formulé la veille par le président du CEP. Initialement prévue au Palais national, la cérémonie a finalement été réalisée au local de l’institution électorale, en présence de plusieurs officiels, dont le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, ainsi que des représentants de partenaires internationaux.
Dans son allocution, le ministre Patrick Pélissier a rappelé au nouveau Directeur général sa mission centrale : assurer la mise en œuvre des décisions de l’administration du CEP et contribuer à la conduite d’un processus électoral crédible.

De son côté, Uder Antoine a pris l’engagement de travailler en synergie avec les Conseillers électoraux, dans un esprit de respect mutuel, tout en promettant transparence et efficacité administrative. Il a également lancé un appel à la collaboration des cadres de l’institution et au soutien des partenaires internationaux afin de respecter les échéances électorales annoncées.
Cette installation, sur fond de divergences institutionnelles, illustre les tensions persistantes autour de la gouvernance du processus électoral, mais aussi la volonté affichée de maintenir le cap vers l’organisation des scrutins à venir.
Mario Jean-Pierre

