Le Parti Alliance pour la Prospérité et l’Intégrité (P.A.P.I.) dénonce avec véhémence la dégradation accélérée du climat sécuritaire en Haïti. Dans un communiqué publié le 9 septembre 2026 sous le titre « Célébrons notre souveraineté », la formation politique souligne ce qu’elle considère comme l’échec des autorités haïtiennes et de la communauté internationale dans la réponse à la crise.
Le P.A.P.I. critique d’abord la multiplication des initiatives internationales en Haïti, estimant qu’elles n’ont pas produit les résultats escomptés. Pour le parti, les discours appelant les Haïtiens à trouver eux-mêmes des solutions à leur crise contrastent avec des décisions prises à l’étranger qui continuent, selon lui, d’influencer directement les destinées du pays.
La formation politique revient notamment sur le Conseil présidentiel de transition (CPT), dont le mandat a pris fin le 7 février 2026. Elle lui reproche de n’avoir atteint aucun de ses objectifs majeurs, notamment le rétablissement de la sécurité et l’organisation des élections. Le P.A.P.I. critique également le processus ayant conduit à la création du CPT, évoquant une structure composée de « neuf présidences parallèles ».
La Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS), dirigée par le Kenya, fait également l’objet de vives critiques. Le parti juge son bilan insuffisant et souligne les difficultés financières et opérationnelles rencontrées par la mission. Il estime que les ressources effectivement mobilisées sont restées largement en dessous des besoins annoncés.
Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est directement interpellé sur la conduite des opérations contre les gangs. Le P.A.P.I. dénonce notamment le recours présumé à des acteurs militaires privés étrangers et réclame davantage de transparence sur les opérations menées, leurs résultats et leur coût humain.
L’attaque survenue à Kenscoff dans la nuit du 23 au 24 août constitue, selon le parti, une nouvelle preuve des limites de la réponse sécuritaire. Le P.A.P.I. fait état de dizaines de morts et de nombreux enlèvements et reproche aux autorités de n’avoir apporté qu’une réponse insuffisante à cette tragédie.
Alors que le mandat de la Force de répression des gangs (FRG) doit arriver à échéance le 30 septembre, le parti estime que la présence de forces étrangères ne saurait se substituer durablement à la capacité de l’État haïtien à assurer la sécurité de sa population.
À travers ce communiqué, signé par le coordonateur général du parti, Himmler François, la structure politique appelle ainsi à une reprise en main des destinées nationales. Le P.A.P.I. exhorte les Haïtiens à dépasser leurs divisions, à défendre la souveraineté nationale et à placer l’intérêt collectif au-dessus des intérêts particuliers. Pour la formation politique, toute assistance internationale devrait s’inscrire dans le respect de la souveraineté et des institutions haïtiennes.
Maxime Normilus
