Le Dr Jean Ardrouin Esther Louis-Charles entend se positionner dans la course à la présidence de la République. Universitaire, personnalité politique engagée dans la promotion de l’éthique, de l’intégrité et la lutte contre la corruption, il a fait part de son intention de briguer la magistrature suprême, tout en posant des conditions qu’il juge nécessaires à la tenue d’élections crédibles en Haïti.
Lors d’une conférence tenue le jeudi 9 septembre 2026 à Delmas, dans le cadre des activités de la SAKA (Selil antikòripsyon Anténor Firmin) et de PIKA, Louis-Charles a placé la crise sécuritaire, la corruption et le processus électoral au centre de son intervention. Il a d’abord exprimé sa solidarité avec les victimes des violences, notamment celles de Kenscoff.
Abordant la situation sécuritaire, le potentiel candidat à la présidence a estimé que l’insécurité a atteint un niveau sans précédent dans le pays. « L’insécurité est devenue une routine », a-t-il déclaré, considérant que l’État, détenteur de la violence légitime, perd de plus en plus le contrôle d’une partie du territoire.
Selon lui, cette situation traduit l’incapacité des autorités à répondre efficacement au phénomène. Il a directement mis en cause le chef du gouvernement. « Nous disons au Premier ministre Fils-Aimé qu’il ne peut pas et qu’il est complice », a-t-il affirmé, formulant ainsi de sévères critiques à l’égard de l’exécutif.
Sur la question électorale, Dr Louis-Charles se veut favorable au renouvellement du personnel politique, mais rejette toute démarche qui ne garantirait pas, selon lui, l’impartialité du processus. « Nous disons oui aux élections », a-t-il martelé. Il réclame toutefois un scrutin « crédible, transparent et inclusif ».
Le professeur d’université estime que le gouvernement actuel ne dispose pas, dans les conditions présentes, de la crédibilité nécessaire pour conduire le processus électoral. Il propose ainsi la mise en place d’un gouvernement provisoire bicéphale et indépendant chargé d’organiser les élections, en s’inspirant de la théorie de la séparation des pouvoirs de Montesquieu. « C’est le pouvoir qui arrête le pouvoir », a-t-il expliqué.
Tout en annonçant son intention de se porter candidat à la présidence, Louis-Charles affirme que sa démarche demeure liée à la création de conditions électorales qu’il considère acceptables. « Nous sommes pour les élections, mais ce n’est pas dans les conditions que nous observons actuellement », a-t-il soutenu.
Il a également indiqué que les organisations auxquelles il est associé travaillent déjà sur le processus électoral et ont commencé à identifier des profils susceptibles de briguer des postes de député, de sénateur et de président de la République.
Enfin, la lutte contre la corruption demeure au cœur de son discours. Louis-Charles a notamment dénoncé ce qu’il considère comme un affaiblissement des mécanismes institutionnels de lutte contre la corruption, citant les changements intervenus autour de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC).
Pour le potentiel candidat, la sortie de crise passe par la fin de la transition, la restauration de l’autorité de l’État et l’organisation d’élections permettant, selon lui, au peuple haïtien de choisir librement ses futurs dirigeants.
Mario Jean-Pierre

