L’élection du Dr Bertrand Sinal, ministre haïtien de la Santé publique et de la Population, au poste de vice-président du Conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la Santé pour la région des Amériques constitue un tournant diplomatique majeur pour Haïti. Cette décision, prise à Genève lors de la 79ᵉ Assemblée mondiale de la Santé, place le pays dans un cercle restreint où se définissent les grandes orientations sanitaires mondiales.
Dans un contexte national marqué par l’effondrement partiel du système de soins, la recrudescence des urgences humanitaires et la fragilité institutionnelle, cette accession à un poste stratégique revêt une portée particulière. Le Conseil exécutif de l’OMS n’est pas un organe honorifique : il influence les priorités budgétaires, la gestion des crises épidémiques et les réponses régionales aux menaces sanitaires.
Déjà membre de cette instance depuis l’année précédente, le Dr Sinal s’est illustré par un discours axé sur l’équité en santé et la nécessité d’intégrer les réalités des États les plus vulnérables dans la gouvernance mondiale. Son élection apparaît ainsi comme une reconnaissance du rôle d’Haïti dans les débats sanitaires internationaux, mais aussi comme une responsabilité accrue.
Pour plusieurs observateurs, c’est une victoire inédite qui rappelle que, même fragilisé, le pays peut encore peser là où se décide l’avenir de la santé mondiale.
Maryne N. Louis-Jeune

