Depuis plusieurs jours, Dominique Dupuy, ancienne ministre des Affaires étrangères et ex-ambassadrice d’Haïti auprès de UNESCO, se retrouve au centre d’une série de critiques relayées dans certains médias et sur les réseaux sociaux. Cette séquence intervient dans un contexte politique sensible, marqué par la transition institutionnelle et par les débats récurrents autour des figures appelées à jouer un rôle dans l’avenir politique du pays.
Face à ces attaques, Dominique Dupuy a finalement décidé de réagir publiquement. Dans un message publié sur son compte X, le mardi 26 mai 2026, elle explique avoir accordé deux interviews dans le cadre du Haitian Heritage Month. Selon elle, ces interventions ont immédiatement suscité une mobilisation hostile qu’elle assimile à une campagne de dénigrement orchestrée. « Mwen fè 2 entèvyou pou Haitian Heritage Month. Men menm kote a, machin manti ak atak pèsonèl yo rekòmanse », écrit-elle.
L’ancienne ministre estime que certaines voix sont tolérées dans l’espace public pendant que d’autres deviennent automatiquement la cible d’attaques lorsqu’elles sont perçues comme dérangeantes. « Sistèm nan toujou tolere sèten moun pale, men depi gen lòt vwa ki deranje, yo lanse manti, manipilasyon ak atak pèsonèl sou yo », poursuit-elle.
Sans citer de noms, Dominique Dupuy affirme que cette vague de critiques révèle davantage l’état d’esprit de ses détracteurs que ses propres intentions. Elle dénonce également ce qu’elle considère comme une tentative de discrédit systématique. « Sa yo di sou mwen yo pale plis de yo menm pase de mwen », ajoute-t-elle encore dans son message.
Dans la même veine, des propos tenus récemment dans une émission animée par Rudy Thomas Sanon ont contribué à alimenter davantage la controverse. Connu pour ses critiques acerbes contre plusieurs figures publiques, M. Sanon a affirmé avoir « vidé certains contentieux » après un échange avec l’ancienne ministre.
Au cours de cette émission, il a notamment accusé certains journalistes de pratiques assimilables à du chantage médiatique. Selon lui, des attaques répétées seraient utilisées comme moyen de pression afin d’obtenir des avantages financiers ou des positions d’influence.
Toujours selon M. Sanon, certains différends trouveraient leur origine dans des frustrations personnelles liées au refus opposé par Dominique Dupuy à des sollicitations d’intégration au sein de son cabinet diplomatique. L’animateur vedette de l’émission “Men sa nou vle” lui reproche toutefois d’avoir toléré, durant son administration, l’entrée dans la diplomatie de proches de journalistes qu’il qualifie de corrompus.
Pour plusieurs observateurs, la multiplication de ces attaques dépasse désormais le simple cadre médiatique. Certains y voient des manœuvres de déstabilisation en prélude aux futures échéances électorales, Dominique Dupuy étant parfois perçue comme une figure politique capable de bousculer certains équilibres traditionnels.
Au-delà des polémiques, le parcours de Dominique Dupuy reste associé à son action sur la scène internationale. À UNESCO, elle a notamment contribué à l’inscription de la soupe joumou au patrimoine culturel immatériel, symbole fort de l’histoire nationale haïtienne. Native de Cap-Haïtien, elle revendique régulièrement son attachement à cette ville qu’elle présente comme le socle de son engagement public et culturel.
Dans un contexte où les frontières entre débat public, influence médiatique et ambitions politiques paraissent de plus en plus floues, cette nouvelle séquence autour de Dominique Dupuy montre à quel point chaque prise de parole peut rapidement devenir un terrain d’affrontement dans l’environnement politique haïtien.
Mario Jean-Pierre
