Le Secrétaire d’État à la Communication, Jean Willio Patrick Chrispin, a apporté des précisions concernant les informations laissant croire que le Gouvernement aurait retiré de l’ordre du jour du Conseil des ministres l’approbation du décret électoral. Cette déclaration a été faite le vendredi 8 mai 2026 lors de sa participation à l’émission “Boukante”.
Réagissant aux rumeurs circulant autour du refus du décret électoral par le Conseil des ministres pour avoir exigé au minimum 30 000 membres à un parti pour être agréé, le Secrétaire d’État s’est montré catégorique. « Cette question n’a jamais été à l’ordre du jour », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il considère comme des « informations fallacieuses » et de la « désinformation ». Selon lui, dans ce type de situation, les autorités privilégient « la technique du sandwich de la vérité » afin de rétablir les faits.
Les précisions de M. Chrispin interviennent dans un contexte marqué par des spéculations autour des relations entre le Gouvernement et le Conseil électoral provisoire. Des informations relayées ces derniers jours faisaient état de tensions après le refus du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé d’approuver un montant évalué à 250 millions de dollars américains proposé pour l’organisation des prochaines élections.
Jean Willio Patrick Chrispin a toutefois écarté l’idée d’un conflit entre les deux institutions. « Le rapport entre le Gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et le CEP est basé sur l’articulation et l’harmonisation », a-t-il soutenu, estimant que toute autre interprétation relève de la confusion ou de la désinformation.
Au cours de l’émission, le Secrétaire d’État a également abordé la question du calendrier électoral. Reconnaissant le caractère de facto des autorités actuelles, il a indiqué que le Gouvernement souhaite organiser les élections « dans le meilleur délai » afin de rétablir l’ordre constitutionnel.
Dans cette perspective, il a évoqué une proposition souvent défendue par le syndicaliste Paul Loulou Chéry, consistant à organiser les élections de manière à permettre l’installation des parlementaires le deuxième lundi de janvier et celle d’un président constitutionnel le 7 février.
Parallèlement au dossier électoral, le Gouvernement continue de mettre en avant les opérations menées contre les groupes armés. Les autorités affirment renforcer les capacités de la Police nationale d’Haïti afin de reprendre le contrôle des territoires occupés par les gangs et garantir la libre circulation de la population et d’organiser en toute quiétude les élections.
Mario Jean-Pierre
