La plateforme politique Front pour rebâtir Ayiti (PFRA) a interpellé, ce lundi 4 mai, publiquement le ministre des Travaux publics, des Transports et des Communications (MTPTC) sur la dégradation avancée des routes et l’aggravation de l’insalubrité au Cap-Haïtien. Dans une lettre ouverte signée de son coordonnateur général, Fitz-Evens Polony, l’organisation exprime une « préoccupation profonde » face à une situation jugée critique.
« La situation des routes […] n’est plus à décrire : nids-de-poule béants […], routes inondées à la moindre averse […], poussière ou boue selon la saison », écrit-il, dénonçant également « les immondices qui jonchent nos rues, obstruent nos égouts et asphyxient notre ville ».
Le PFRA rejette l’argument du manque de moyens et rappelle qu’un investissement de 123 millions de dollars américains a été consacré à l’acquisition d’équipements lourds destinés à l’entretien routier. « Ces engins existent. La question […] est de savoir ce qu’ils sont devenus », insiste M. Polony, appelant à un inventaire « physique et comptable complet » de ces matériels.
Plusieurs interrogations sont soulevées dans la correspondance : « Combien sont opérationnels, combien sont en panne, et combien […] ont été détournés de leur destination première ? » L’organisation exige ainsi plus de transparence dans la gestion des ressources publiques.
Dans un contexte marqué par des mouvements de protestation au Cap-Haïtien, le PFRA estime que « le peuple a été patient, trop patient » et appelle à des actions concrètes. Parmi les mesures préconisées figurent la réhabilitation urgente des axes routiers, le curage des canaux pour prévenir les inondations et la mise en place d’une politique structurée de gestion des déchets.
« Nous ne voulons plus de promesses. Nous voulons des résultats […] du béton, de la dignité et de la propreté. Et nous le voulons maintenant », conclut la lettre.
Mario Jean-Pierre

